La FEDOM interpelle Annick Girardin

29/09/2017 at 7 h 11 min

OUTRE-MER. Face aux demandes précises des entrepreneurs ultramarins, la ministre des Outre-mer, à la veille de présenter son budget, a répondu dans le flou.

Le président de la Fédération des entreprises d’Outre-mer (FEDOM), Jean-Pierre Philibert, a déroulé devant la ministre des Outre-mer les attentes de ses mandants réunis en assemblée générale, hier, à Paris. Le président Philibert a d’abord exprimé une inquiétude : « Le calendrier des assises de l’outre-mer nous paraît très long quand on connaît les urgences. Une restitution des assises dix-huit mois après le début du quinquennat, il est clair que le temps politique n’est pas le temps de l’entreprise. Comment dire aux Mahorais ou aux Guyanais qu’il faut encore attendre… »

D’autant plus qu’en Guyane, la FEDOM a des inquiétudes dans le domaine économique : « Ça avance bien dans le domaine régalien, mais ça coince sur les ateliers économiques et ce n’est pas bon signe… » Le positionnement de la FEDOM sur le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) a évolué. Les entrepreneurs souhaitent désormais son maintien outre-mer « parce que le passage à un régime d’exonération de charges ne sera pas bénéfique pour les entreprises. » M. Philibert plaide pour un CICE avec un périmètre revu en fonction des secteurs plus ou moins exposés, de même il plaide pour un véritable effort en direction du tourisme. « Un CICE à 50 % représenterait une enveloppe de 100 millions d’euros. Il faudra un jour qu’on se donne les moyens si on considère que le tourisme est le seul secteur capable de tirer en avant l’économie de ces territoires (Antilles et Réunion, NDLR). » Concernant l’aide fiscale à l’investissement, là aussi la FEDOM a des attentes précises. « Il y a des sommes fléchées outre-mer qui ne le seront plus car, à la fin 2017, toutes les aides au logement intermédiaire et libre, qui représentaient encore 100 millions d’euros en loi de finances l’an dernier, disparaissent parce que ce mécanisme prend fin cette année. Il faut qu’on parvienne à conserver l’argent ! »

« LA MINISTRE MAINTIENT SON BUDGET »

Dans sa réponse, Annick Girardin en a dit beaucoup moins qu’elle n’en avait dit la veille aux députés de la délégation outre-mer. Tout au plus, leur a-t-elle fait une confidence : « Le budget des outre-mer, à périmètre constant, est en augmentation de près de 4 %. » Une progression qui démarre à 1,935 milliard en 2017 pour atteindre 2,127 milliards en 2022, sans que l’on sache s’il s’agit de crédits de paiement ou d’autorisations d’engagement et qui cache sans doute (une antienne) des transferts… Mais, ce n’est que ce matin que la ministre doit détailler le budget de sa mission. Annick Girardin a promis d’annoncer d’ici la fin de l’année des dispositifs d’aides à l’exploitation et à l’investissement, simplifiés, focalisés sur les secteurs prioritaires ou prometteurs et stables. Elle a aussi confirmé la fin du CICE outre-mer en 2019

La FEDOM a compris que le président Macron avait choisi la politique de l’annonce forte, puis le lissage dans le temps. Compte tenu des différents plans d’urgence (départementalisation de Mayotte, accords de Guyane, plan Polynésie française, reconstruction de Saint-Martin), la FEDOM doute de la réelle progression du budget outre-mer. « La ministre maintient son budget, observe M. Philibert, j’aurais aimé observer un effort significatif dans les secteurs où nous en avons besoin. On va en discuter pendant les assises de l’outre-mer… Très bien. Mais on aura une Lodeom 2 qui viendra début 2019. » D’ici là, les territoires auront sans doute le temps de comprendre ce que signifie la nouvelle approche économétrique de l’outre-mer par le nouveau pouvoir. Après tout, le livre programme d’Emmanuel Macron s’intitulait « Révolution ». Et en la matière, l’outre-mer a lui aussi un certain tropisme pour ce terme.

FXG, à Paris