quid des entreprises en Guyane? Les sénateurs se penchent sur leur devenir

25/09/2017 at 7 h 36 min

Source: France Antilles

Quatre des 42 sénateurs qui font partie de la délégation sénatoriale aux entreprises, dont le sénateur de Guyane Antoine Karam, ont visité des entreprises guyanaises pour analyser leur situation et leurs perspectives de développement. Ils ont recensé les freins à la croissance économique locale, qui est aujourd’hui de 3% par an.

Le sénateur de Guyane Antoine Karam est membre de la délégation sénatoriale aux entreprises. Il a reçu, de lundi à vendredi, trois de ses confrères parlementaires de l’Hexagone qui font partie de la même délégation : Elisabeth Lamure, sénatrice du Rhône et présidente de la délégation, Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire et Anne-Catherine Loisier, sénatrice de Côte-d’or. La délégation effectue régulièrement des déplacements dans les différents départements de France pour prendre le pouls de la situation et des perspectives de développement des entreprises. Elle recense les obstacles à leur développement puis en informe le Sénat et les ministères. Elle est aussi compétente pour examiner les dispositions des projets et des propositions de loi comportant des normes applicables aux entreprises.
DES ENTREPRISES MOTIVÉES
En Guyane, ce sont des entreprises « motivées » que la délégation a visitées à savoir : la Société laitière de Macouria, l’unité de transformation des produits de la mer Cogumer, la rhumerie Saint-Maurice, la centrale biomasse Voltalia et le Centre spatial guyanais. Ces entreprises ne sont pas celles qui souffrent le plus aujourd’hui en Guyane. De nombreuses Très petites entreprises (TPE), déjà en crise avant le mouvement social de mars et avril, ont du mal à redémarrer. Le territoire affiche une croissance économique de 3% par an. Le taux de chômage est de 23%, il grimpe jusqu’à 44% chez les 15-24 ans (source Insee 2016). « On sent bien qu’il y a des difficultés mais je ne les sens pas découragées » , répond Elisabeth Lamure. Selon la présidente de la délégation sénatoriale, les entreprises guyanaises ressemblent à celles de l’Hexagone : « Elles souffrent du poids des normes et des charges, elles demandent une simplification (ndrl, administrative et institutionnelle) » . La délégation a également pointé du doigt une spécificité guyanaise : le dépassement abusif des délais de paiement. « Une loi existe, mais elle n’est pas respectée par les administrations publiques » , déplore Antoine Karam. D’après l’article L441-6 du Code du commerce, « le délai de règlement des sommes dues est fixé au trentième jour suivant la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation demandée » . Les parties peuvent convenir d’un délai plus long, au maximum 60 jours à compter de la date d’émission de la facture. Les sénateurs vont inscrire leurs observations dans leurs travaux qu’ils auront l’occasion de concrétiser notamment dans le cadre du projet de loi de finances.