La reconquete d’un peu d’autonomie alimentaire passe par la sauvegarde du foncier

18/09/2017 at 17 h 35 min

source clinaceo/Réunion

Foncier. Afin de sauvegarder les terres agricoles, rongées par l’urbanisation, le Département souhaite mettre en place un nouveau programme de protection. Il a été présenté au monde agricole hier.

A la Réunion, l’espace agricole se maintient aujourd’hui à 43 000 hectares, soit environ 1/5ème de notre territoire. Avec l’urbanisation et les changements d’occupation du sol observés ces dernières décennies, cet espace aurait pu s’éroder davantage, mais d’après Serge Hoareau, le conseiller départemental délégué à l’agriculture, cette préservation du foncier agricole a pu être possible grâce à la politique de sauvegarde du Département.

« Parfois au prix d’un investissement considérable, dit-il, comme avec la récupération de terres en friche, l’amélioration foncière et le développement d’un réseau hydraulique structurant ». Pour le Département, pas question que l’urbanisation se fasse au détriment des terres agricoles ! Tout en maintenant les mesures prises pour reconquérir les terres et soutenir les filières de production et de diversification, la collectivité souhaite mettre en place avec les communes volontaires un « périmètre de protection et de valorisation des espaces agricoles et naturels péri-urbains » baptisé PAEN. Ce nouveau programme a été présenté hier au monde agricole, lors des premières rencontres du foncier agricole, organisées dans l’hémicycle du conseil général.

Instauré par la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires, le PAEN se présente comme un périmètre de protection renforcée qui s’applique aux zones A et N du PLU. Concrè-tement, le programme vise à renforcer l’arsenal réglementaire des autorités chargées d’attribuer des amendes ou d’autoriser des démolitions lorsque les constructions ne sont pas en règle. Il devrait être mis en œuvre dans l’île d’ici deux ans.

 

Des aides pour les propriétaires et les jeunes agriculteurs

 

« Nous comprenons la dimension humaine qui se cache derrière ces histoires, mais nous devons agir dans l’intérêt général », soutient Serge Hoareau en évoquant les familles qui voient leur maison rasée, pour avoir construit illégalement. Afin de développer le marché foncier, le Département a d’ailleurs mis en place un nouveau dispositif d’aide en faveur des propriétaires de terrains agricoles en friche. La collectivité accorde ainsi des primes à la location (1 500 euros par hectare plafonnée à 10 000 euros) et à la vente (3 000 euros par hectare plafonnée à 20 000 euros). 23 propriétaires ont déposé une demande pour une superficie totale de 115 hectares (une dizaine concerne la vente) et 20 hectares ont déjà été validés. Des aides (sur des frais d’acquisition par exemple), sont également proposées aux jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer.