Un rapport sur l’intérêt économique de la biodiversité en Guyane

09/08/2017 at 13 h 25 min

La biodiversité guyanaise, un des leviers du développement économique et social, est valorisée dans un rapport rédigé par deux missionnaires du Conseil général de l’environnement et du développement durable (Ministère de l’environnement) venues du 9 au 17 mars, au début des mouvements sociaux.

Geneviève Besse, conseillère stratégique, et Mauricette Steinfelder, inspectrice générale au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), présentent dans ce rapport «un plan d’actions opérationnel et argumenté qui permettrait de faire de la biodiversité guyanaise un levier de développement économique et social futur».

D’une quarantaine de pages et rendu public en mai dernier, ce rapport présente une analyse du contexte économique et social guyanais, chiffres et éléments de compréhension à l’appui.

«La mission s’est attachée à répondre à la commande ministérielle en associant de près les acteurs locaux : les services de l’État et ses établissements publics, tels le parc amazonien de Guyane (PAG), l’Office national des forêts (ONF), l’Agence française de développement (AFD), des élus, des représentants du monde économique et social, des chefs d’entreprises, des représentants de l’université de Guyane et d’organismes de recherche, et des associations» expliquent-elles dans ce document qui puise à la source de lectures et de rencontres avec les acteurs locaux.

L’objectif est de «répondre aux enjeux auxquels ce territoire est confronté en valorisant et en préservant sa richesse naturelle exceptionnelle».

Cinq filières d’activités dans le domaine de la biodiversité se révèlent être des leviers du développement économique et social. Il s’agit de la recherche scientifique et des biotechnologies, de la forêt et du bois, de l’écotourisme, de la pêche et de l’agriculture durable.

A titre d’exemple, dans la filière de l’écotourisme, le rapport préconise son développement par la valorisation de produits touristiques attractifs, basée sur le respect des populations et des milieux naturels. Une des recommandations est de développer un écotourisme haut de gamme autour de quelques « hot spots » de biodiversité, par exemple Petit Saut ou les Marais de Kaw, et aussi de développer des offres pour répondre à des demandes et à des budgets variés.

« La filière de l’écotourisme peut être considérée comme une filière d’avenir pour la Guyane, pourvoyeuse d’emplois et créatrice de richesses. Le tourisme occupe déjà une place importante dans l’économie guyanaise ; elle représente la deuxième filière économique du territoire avec 9 % du PIB en intégrant les comptes satellites du tourisme. La demande globale était évaluée à 110 000 visiteurs en 2012. Cependant la filière apparaît fragile dans un contexte où des pays d’Amérique latine (Costa Rica) et des Caraïbes ont développé des offres de grande qualité et très compétitives en matière d’écotourisme, sans parler de celle du Zimbabwe en Afrique.»

La biodiversité guyanaise, un des leviers du développement économique et social, le rapport à lire ici