le microcrédit marche à Mayotte (sources: le journal de Mayotte)

26/07/2017 at 14 h 00 min

À l’occasion de son prochain anniversaire et depuis maintenant quelques semaines, l’association spécialisée dans le microcrédit prépare un film retraçant son histoire et celle de entrepreneuriat à Mayotte.

Soilihi Echati, restauratrice, témoigne de son expérience dans le film anniversaire de l’Adie

Mayotte est souvent le dernier département à accueillir les antennes locales de tous types de structures. Mais concernant la micro-finance, ce n’est pas le cas. Si l’Adie a financé 18.000 personnes en 2015 à l’échelle nationale et créé 225 emplois par semaine grâce à ses 120 antennes, elle est également très bien implantée chez nous.

Cela fait désormais 20 ans que l’association est installée sur l’île et son poids économique ne va que crescendo. Ainsi, elle a injecté dans l’économie locale plus de 46 millions d’euros et financé environ 8.500 entreprises. Chaque année, ce sont presque 30% des créations d’entreprises mahoraises qui ont bénéficié d’un soutien de l’association. Emmanuel Legras, le directeur territorial de l’Adie estime qu’«environ 6.500 entreprises sont réellement en activité à Mayotte. Et sur ces 6.500 entreprises, à peu près 3.000 sont dirigés par un entrepreneur actuellement en court d’emprunt ou de remboursement avec l’Adie». Avec seulement 14 salariés, cette association de micro-crédit est donc un des piliers du financement de l’économie locale.

Une valorisation sociale du public touché

L’Adie s’adresse à un public spécifique souvent exclu des circuits «classiques» du financement d’activités marchandes, à savoir le système bancaire. Passer par le micro-crédit devient une possibilité d’obtenir un financement qui n’aurait probablement pas été octroyé par une banque. En supplément du strict apport financier apporté aux porteurs de projet, l’Adie opère un accompagnement en aval pour pérenniser les initiatives marchandes.

Une partie de l’équipe de l’Adie qui s’apprête à fêter ses 20 ans de présence à Mayotte

«On finance des petits porteurs de projet locaux qui n’ont pas forcément des profils finançables selon les critères bancaires. Nous nous basons principalement sur la confiance que nous pouvons accorder au porteur de projet et sur sa motivation. Par exemple, chez nos clients, peu sont diplômés et une grande partie (25%) est illettrée. En ayant conscience de cela, nous sommes dans l’obligation d’apporter aux porteurs de projet un accompagnement personnalisé. Nous organisons des séances de coaching, d’e-learning, nous apportons une aide administrative et parfois managériale…» explique Emmanuel Legras. C’est ainsi que grâce à l’Adie, certaines personnes ont pu s’insérer sur le marché du travail par la voie de l’entreprenariat local, créer leur propre emploi et même embaucher du personnel.

Un film pour glorifier ces porteurs de projet

En septembre prochain, l’Adie fêtera ses 20 ans de présence dans notre département. Un grand gala en présence du directeur général de l’association sera organisé. Durant cette soirée événement qui aura probablement lieu le 28 septembre 2017, les institutions partenaires de l’Adie exposeront les bilans de cette collaboration et de nombreux porteurs de projet témoigneront.

Tournage avec Hamidouni Zaithoune, épicière

Pour appuyer cette cérémonie, l’Adie prépare actuellement un film composé de 3 séquences. Une séquence sera consacrée aux témoignages de chefs d’entreprises, une seconde aux partenaires et une dernière aux salariés de l’association. L’équipe du film sillonne ainsi les 4 coins de Mayotte afin de recueillir les expériences de certains porteurs de projet à succès. Cette année, Emmanuel Legras s’est félicité de ses «champions» de l’entreprenariat. «Hello Pizza à Chirongui est une de nos plus grandes réussites en 2017. Le projet a tellement fonctionné que son initiateur est actuellement en négociation pour obtenir un gros prêt bancaire avec la BRED. Et c’est notre mission, accompagner des acteurs économiques non finançables et les rendre éligibles aux prêts bancaires».

Epiciers, couturières, vendeur de pizza…Ce film retracera un grand nombre de parcours afin de valoriser l’économie locale.

Ludivine Ali

www.lejournaldemayotte.com

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