mobilisation contre la mine d’or en Guyane (suite)

14/07/2017 at 18 h 51 min

Aprés la lettre ouverte de Patrick Lecante au préfet, la presse suit le dossier d’un débat public ouvert en grande discrétion et amenagé de telle façon à ne pas être présenté devant la commission de débat public.

Ecoutez le commentaire Journal de l’environnement sur les suites juridiques de l’enquête publique et Comprendre  la stratégie de partition du dossier financier afin d’échapper au débat devant le CNDP

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Position de l’association  France Nature environnement:

« Un curieux tour de passe-passe a été opéré par le maître d’ouvrage, la « Compagnie de la Montagne d’Or », sur l’évaluation du coût des infrastructures susceptibles de faire l’objet d’un débat public sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Il permettrait de faire tomber le projet sous le seuil minimal de son organisation.

Les montants des travaux, initialement évalués en mai 2017 à 266 millions d’euros, placent les coûts à un niveau largement supérieur au seuil minimal d’organisation d’un débat public (150 millions d’euros). Mais, devant la CNDP le 5 juillet 2017, le maître d’ouvrage annonce un montant de 80 millions d’euros. Outre que le nouveau montant rend circonspect, le refus assumé par la Compagnie Minière d’un débat public indépendant et transparent sur l’opportunité et les enjeux du projet interroge.

Pourtant, les dimensions de la mine à ciel ouvert donnent le vertige : 2,5 km de long, 500 m de large et 400 m de profondeur. L’immense et profonde carrière et les infrastructures de production liées détruiront la forêt primaire tropicale et sa biodiversité, sans garantie aucune sur la compensation des impacts et la réhabilitation du site, et menaceront une Réserve Biologique Intégrale. 450 millions de tonnes de roches seront extraites puis broyées, pour en détacher l’or par cyanuration. L’important volume de boues issues de la cyanuration devra être stocké dans des bassins en toute sécurité, compte tenu d’antécédents catastrophiques de rupture de digues et de la forte pluviométrie locale, dans l’attente de leur hypothétique devenir.

Les besoins énergétiques sont énormes, évalués à 20 % de la consommation électrique actuelle de la Guyane. La manière d’y satisfaire est encore inconnue et pourrait justifier la construction d’un nouveau barrage hydraulique. Les besoins logistiques vont nécessiter la consolidation, avec ses impacts écologiques, de 120 km de pistes pour la desserte de la mine pendant ses 13 ans, au moins, d’exploitation.

Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, en appelle au Président de la République, conformément aux propos qu’il a tenus en décembre 2016 lors de la campagne présidentielle : « Hors d’hypothétiques chiffres, les enjeux territoriaux et environnementaux sont colossaux, hors toutes normes, surtout quand le projet gouvernemental s’inscrit dans la transition écologique et solidaire. Nous demandons qu’un réel débat public sous l’égide de la CNDP s’engage et implique aussi l’ensemble des territoires, de Cayenne à St Laurent du Maroni »