Crise du sucre. le conflit se durcit à la Réunion

10/07/2017 at 21 h 22 min

Mercredi 12 Juillet , une réunion est prévue entre les ministres de l’agriculture, de l’outre mer et l’ensemble des parlementaires de La Réunion pour échanger sur les négociations en cours dans le Département entre les planteurs de canne à sucre et l’industrie sucrière.

Depuis quelques semaines, le conflit s’aggrave . Prévisible et annoncée , la crise entre désormais dans une phase de négociations relativement fermée, trois mois avant la fin des quotas sucriers qui vont permettre aux betteraviers de libérer leur production

Le 10 Octobre 2017, l’Europe mettra fin au quotas sucriers Cette nouvelle page de l’économie agricole  marque  la fin d’une période 

– La fin des quotas touche les betteraviers , qui certes vont pouvoir augmenter leurs productions alors qu’ils étaient soumis au respect des pourcentages fixés par le soutien au sucre de canne, mais ils vont se heurter aux grandes concurrences mondiales des producteurs de sucre de canne intensifs (Bresil, Mozambique, Kenya…) Malgré les grands mouvements capitalistiques actuels , ils se heurteront également à la concurrence allemande . On craint de voir s’ouvrir une période de surplus sucriers assez semblable à celle qu’ont connu les produits laitiers. Les producteurs tentent de faire face, mais une ère difficile s’ouvre : Pour Alexis Duval, président du directoire du groupe coopératif Tereos, qui a longuement réclamé un maintien des quotas, ce nouveau cadre  finalement serait une opportunité : « la fin des quotas va nous permettre de fixer nos volumes et choix de production librement ».. Les betteraviers, qui pourront toujours conclure des accords interprofessionnels avec le Syndicat national des fabricants de sucre, s’inquiètent quant à eux de la concurrence mondiale.

Mais surtout il touche les planteurs de canne à sucre  . Plus de 50% de la population dépend encore dans les Antilles ou à la Réunion de l’économie de la canne. Les îles françaises y sont elles bien préparées ?   Le 11 juillet 2016 , la commission du Parlement européen publiait une étude sur l’impact de la suppression des quotas sur le secteur sucrier européen, les îles ont frémi. Il souligne bien que l’avenir d’un pilier de l’économie de La Réunion et des Antilles est en train de se jouer. Il signifie l’entrée dans une nouvelle ère, où le risque de produire du sucre sera plus important faute de débouchés et de prix garantis. Ce risque sera automatiquement reporté sur le planteur, car dans la structure actuelle de la filière, son rôle est celui d’un fournisseur de matière première. Or, si l’industriel n’a pas la certitude de vendre le produit fini selon un prix suffisamment profitable pour lui, dans quelles conditions achètera-t-il la canne à sucre qui sera coupée l’année prochaine ?

Malgré les premières subventions allouées , le ralentissement des importations de sucres spéciaux venus du vietnam, la filière qui représente 18 000 emplois reste enlisée . Les planteurs réclament une hausse du prix alloué à la tonne, hausse que refuse Tereos, le prix payé aux planteurs de la Réunion étant déjà supérieur à celui alloué aux betteraviers.

La Réunion va payer durement un retard de reconversion, reconversion anticipée par sa voisine l’île Maurice depuis plus de cinq ans.

DMF