7° ASSISES DE LA BIODIVERSITÉ A AJACCIO 2/3

09/07/2017 at 17 h 57 min

Du 5 au 7 Juillet se tenaient à Ajaccio, lieu rêvé pour parler de ce thème, les 7° assises de la biodiversité. Tous les orateurs unanimement ont souligné les efforts et le parcours sans faute de l’île .           Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse a rappelé que l’insularité doit être prise en compte par toutes les politiques publiques , soulignant  que tout n’est qu’affaire de combat , de la victoire sur les boues rouges, à la protection du littoral,  jusqu’à la récente mobilisation contre les projets pétroliers au large de la Corse et de la Sardaigne. Il annonçait d’ailleurs dès l’ouverture du Congrès , la signature de l’appel à l’interdiction des explorations et exploitations pétrolières en Méditerranée, renforçant par cette initiative, la décision qui venait d’être prise par le Ministre Nicolas Hulot.

Depuis 2010 , ce rendez vous organisé par les eco maires et Idéal connaissances fait le point sur les avancées d’un dossier encore mal aimé.  Ajaccio était une étape importante comme l’a rappelé Jean Pierre Bouquet maire de Vitry le François et président des éco maires puisqu’elle était «  la première depuis la loi biodiversité française et la création de l’agence du même nom; qu’elle succédait à la réunion du R20 à Paris qui venait de réaffirmer comme à Quito l’an dernier,  la nécessité d’ une gouvernance au plus près du réel » .

Une occasion également pour Philippe Martin, Président de l’Agence née en 2017 de rappeler que l’AFB « n’est pas d’une agence parisienne mais un établissement du 21° siècle travaillant au cœur des territoires » Regroupés par l’Agence, les hommes et les femmes de l’Agence des aires marines protégées, de l’Atelier technique des espaces naturels, de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques et ceux des Parcs nationaux de France, estiment sa construction encore inachevée et attendent avec impatience leur feuille de route. Tous craignent que le regroupement ne dilue leurs spécificités notamment en termes de communication. Mais cette nouvelle force devrait selon son président « être au cœur de la société de demain grâce à son éco maillage, et constituer une mobilisation impressionnante pour fixer sur un territoire donné les enjeux locaux »

claire Nouvian,Maud Lelièvre,Patricia Savin, Eugénie Opou, Sandrine Bélier

Une table ronde entièrement féminine regroupant Claire Nouvian , présidente de BLOOM, Sandrine Bélier , directrice d’humanité et biodiversité, ancienne députée européenne, Eugénie Opou Maire de Mfilou 7° arrondissement de Brazzaville (RDC), Patricia Savin directrice d’OREE , Maud Lelièvre, déléguée générale des éco maires ont souligné le rôle très particulier et très important des femmes : «Elles sont  plus directement concernées par les catastrophes naturelles, gardiennes des semences , de la conservation des aliments, encore trop peu représentées dans les politiques publiques… » Un rôle que prend en compte l’ODD n°5 qui veut accroitre le rôle des femmes dans les décisions et les responsabilités, la protection de la biodiversité contrariant souvent un modèle économique dispendieux et réclamant un nouveau choix de société « il faut sortir la biodiversité des enjeux environnementaux . Le vivant, c’est le vivre ensemble. » Comme l’a souligné avec humour Patricia Savin « les poules savent quand le jour se lève, mais laissent le coq l’annoncer ». Plus sérieusement, elle rappelait que le droit de l’environnement monte en puissance et que le pacte mondial va pouvoir être présenté à l’ONU, complétant ainsi le 3° pilier, devenant le 3° texte référent après les deux pactes de 1966 sur les droits économiques et civils

Après le concours des « villes du miel » et la dégustation par le jury , les ateliers ont parcouru les questions de gouvernance, d’évolution des modèles socioéconomiques, de droit, de bien vivre, de finances.

Guy Losbar, Maire de Petit Bourg et Vice Président de la région Guadeloupe a présenté le premier plan insulaire d’adaptation au réchauffement climatique et à la montée des eaux , une des rares initiatives à prendre en compte les nouvelles réglementations sur l’inconstructibilité des 50 pas géométriques et le début de relocalisation des habitants . Une trentaine d’habitations a été identifiée. Une opération difficile «  le risque existe mais n’est pas toujours perçu par les habitants. Il est difficile de déterminer les habitants à relocaliser en premier, d’autant qu’aucun financement n’’est associé, que certains locataires étaient logés gratuitement, que la vie de ces personnes était rythmée par la mer et que s’en éloigner est un crève cœur » Le projet s’est mené dans une approche globale, associée au plan mangrove qui regagne de la terre pour l’extension de la mer sur le parc marin voisin, et en lien avec l’établissement foncier de la Guadeloupe qui assure dans l’île la maitrise foncière. D’autres expériences sont menées sur l’aménagement des traits de côte mais encore peu de plan en dehors de ceux de la Nouvelle Aquitaine, de la Normandie, vont actuellement jusqu’à la relocalisation.

Jean Pierre Bouquet, Gilles Simeoni, Brune Poirson

En clôture, après de longues congratulations entre Ségolène Royal et Gilles Simeoni se rappelant leurs combats communs, Brune Poirson la nouvelle secrétaire d’Etat à la biodiversité auprès de Nicolas Hulot prenait une difficile relève. Elle a cependant insisté sur la nouvelle stratégie de reconversion dont les orientations élaborées par les agences régionales devraient être présentées entre le 20 et 22 septembre prochains à Nancy , annoncé la stratégie nationale de protection relancée par un grand plan de communication de l’AFB, dont 80% des moyens devraient être réservés aux Outremers pour une restauration spécifique à chaque territoire. En Mars 2018, on attend un point précis sur l’état de la déforestation.

Dominique Martin Ferrari