Oceania 21 Meeting

30/06/2014 at 21 h 56 min

« En Océanie, la menace climatique n’est pas un mythe. Une île d’Océanie qui disparaît… c’est 20 siècles de culture engloutis ». Les effets du réchauffement climatique se font sentir sur 52 petites nations insulaires. La montée du niveau de la mer est quatre fois plus élevée que la moyenne mondiale dans ces petits pays… Au total 62 millions de personnes sont concernées « et ce, alors même que ces petites îles en danger émettent moins d’un pour cent des émissions de gaz à effet de serre ».

Le second sommet océanien du développement durable qui s’est officiellement ouvert ce matin conserve les mêmes objectifs que sa première étape en avril 2013 : études liées au réchauffement climatique, à la salinisation, et plus spécifiquement à la montée des eaux.

Pour Anthony LECREN Membre du gouvernement en charge notamment du développement durable, la prochaine étape de la démarche « Océania 21 »  prendra la forme d’une conférence à Nouméa, à laquelle participeront les chefs d’Etat ou leurs représentants de 15 nations ainsi que de nombreux spécialistes.

En 2013, les 22 Pays et Territoires de l’Océanie premières victimes du réchauffement climatique s’organisaient. En 2014, il s’agit d’asseoir l’initiative Océania 21 au niveau juridique et organisationnel, mais aussi et surtout d’évoquer la mise en œuvre  concrète des projets arrêtés en 2013: mettre en place un comité de pilotage, un comité scientifique et lancer deux ou trois actions concrètes de mise en application d’une politique de Développement durable.

Il faut sauver les « petits territoires insulaires » au risque de voir les océans engloutir des civilisations et des réserves de biodiversité. La montée des eaux menace. Il est urgent pour le Pacifique d’obtenir des sommes allouées aux programmes mondiaux de développement durable.

Pour résoudre ce problème d’éloignement et se faire entendre sur la scène internationale, les acteurs du Think Tank Océanien devront s’accorder sur des projets propres à recevoir des financements.

 La Nouvelle Calédonie aimerait poursuivre la construction de la zone de protection mise en place par l’Australie sur la mer de corail par un corridor allant jusqu’au lagon y interdisant toute activité de nature extractive, et une pêche industrielle limitée. Le projet a été présenté à Cook l’été dernier. La fondation PEW qui aide à la mise en place des plus grandes réserves marines mondiales s’est  saisie du dossier, Jean-Paul Michel directeur de Pew France précisant « le gouvernement calédonien est le « patron » en matière d’environnement sur son territoire et veut copier le modèle australien avec une carte des vocations (la diversité des vocations correspondant à la diversité des activités). Nous avons bon espoir de parvenir à des consensus ».

La Polynésie a l’idée de reprendre l’exemple des Marquises et de placer le programme de protection / développement sous l’égide de l’Unesco et de son programme Nature et Culture, espérant devenir zone Patrimoine de l’Humanité en 2016. «  Ils aimeraient constituer cette réserve pour les générations futures, voulant anticiper, car ils craignent l’invasion des pêcheries chinoises  ».

Jusqu’à mercredi, représentants politiques, dirigeants et experts scientifiques présents à Océania 21 vont être entendus. Les thèmes abordés : protection et valorisation des océans, énergies renouvelables, gestion des déchets, agriculture et préservation de la ressource en eau douce.

Dans trois jours : le compte rendu de la réunion.


Par Dominique Martin-Ferrari