DOSSIER GUYANE :UNE IMMENSE FORÊT, POUR QUI, POUR QUOI ?

02/04/2017 at 17 h 42 min

       UNE IMMENSE FORÊT, POUR QUI, POUR QUOI ?

Les forêts couvrent en Guyane près de 8 millions d’hectares (environ 96% du territoire). Elles sont de type « tropicale humide » et recèlent une biodiversité exceptionnelle. En effet, plus de 1.500 espèces d’arbres y prospèrent, dont certaines n’ont été observées que sur ce territoire. Cette biodiversité, autant en terme de flore que de faune, compte parmi les plus riches au monde. Sur ces 8M d’ha l’ONF (office national des forêts ) assure en Guyane la gestion de plus de 5,3 millions d’hectares. Le reste étant en grande partie, constitué par le cœur du Parc Amazonien de Guyane.

Dans un état de conservation remarquable au regard de la situation des forêts intertropicales dans le monde, cette forêt est l’objet d’enjeux majeurs pour la Guyane, pour la France et plus largement pour la communauté internationale

Oublions un instant les casquettes d’écolos métropolitain ou européens pour endosser celle d’un guyanais né au cœur de la plus belle forêt du monde au chômage, sans foncier, face à une emprise d’Etat qui via l’ONF est responsable des ¾ de son territoire, le reste étant géré par le parc. Il en attend un respect de ses devoirs, fixés par des lois et   règlements longuement discutés mais guère concertés avec les populations locales (Décret de 2008)

Parmi les obligations engendrées par ces lois, certaines sont respectées, d’autres non, ou pas assez 

Ainsi si la première recommandation : préserver et gérer durablement le patrimoine forestier reste l’enjeu majeur pour l’ONF à l’heure de l’orpaillage clandestin, l’organisation de la filière bois est encore loin d’être aboutie. Des millions ont été englouti dans ce secteur qui est dans l’incapacité de subvenir par exemple aux appels d’offre de lotissements bioclimatiques en bois sur le domaine de Saint Laurent du Maroni, et voit les entreprises de 2° transformation de sciage mourir à petit feu.

Quelles conséquences ? Les investisseurs guyanais ne se bousculent pas. Quand le Ministère de l’agriculture se penche à Paris sur l’avenir des filières bois, il renvoie souvent aux acteurs locaux les res-ponsabilités d’une gestion trop complexe ne répondant pas aux schémas normatifs européens. Alors, peut on exploiter correctement le bois Guyane a et en faire une source de développement économique ? d’autant que cette première recomman-dation devrait s’accompagner d’ « un développement éco-touristique, et de l’utilisation des produits de la forêt par les populations… en garantissant la pérennité de ces actions. » Or,on peut compter les projets sur les doigts de la main !

Deuxième et 4° recommandation : préserver les rôles écologiques : avec un réseau de conservation stricte échantillonnant les différents écosystèmes et habitats naturels sur de vastes surfaces, et continuer l’acquisition des connaissances : C’est sans doute ce qui est le mieux fait par l’ONF. Pourquoi ? parce que ce rôle fût pour lui fondateur. Quand l’Etat français se tourna vers la forêt guyanaise il le fît avec l’ensemble de ses instituts de recherches et cette dimension reste celle qui intéresse en priorité l’hexagone plus que la population locale, même si un effort important est fait en directions de la jeunesse pour une formation de courte et longue durée aux métiers de la forêt.

Enfin, fédérer la société guyanaise autour de la forêt : impliquer la population et les élus pour une meilleure garantie de gestion durableIl a fallu des années pour obtenir le processus de certification de gestion durable tel que PEFC. On se demande quelles autres actions sont en route ?

DMF