Un pont entre St Georges et Oaipoque : quelques contradictions et toujours pas de nom

20/03/2017 at 11 h 55 min

Officiellement c’est en raison de dossiers urgents à boucler à Paris, officieusement à cause de l’absence de son homologue brésilien et face à un dossier inachevé que Ségolène Royal est repartie avant l’inauguration di pont de St Georges.

Un pont qui continue à faire couler beaucoup d’encre et à faire se poser de nombreuses questions. S’il est ouvert dès aujourd’hui aux horaires de travail des douaniers, de 8 à 12 et de 14 à 18h., la question douanière côté Brésil ne sera pas réglée avant l’été, comme la route vers Macapa (670km)qui ne sera pas complètement achevée avant 2019. Ce qui pour l’instant semble interdire la circulation des gros transports

La question la plus importantes reste bien sûr celle de la circulation des hommes et femmes entre les deux pays .

Pour l’instant la France maintient ses visas « C’est normal qu’un tout petit territoire, face à un très grand territoire, puisse dans une certaine mesure réglementer les passages sur son territoire. Le Brésil compte 200M d’habitants ; nous, nous sommes 250.000 » a déclaré le préfet Martin Jaeger

De l’autre côté de la frontière, Joao Capiberibe, gouverneur de l’Amapa au moment de la décision, déclare vingt ans plus tard « j’ai toujours cru en cette coopération et au fait qu’il n’existe pas de frontières physiques, ce sont des inventions amenées à disparaître. Pour moi , le pont contribue à les faire effacer dès aujourd’hui ». Vraiment ?

La notion de clandestin devient de plus en plus floue

Côté brésilent vers la France certains visas sont déjà supprimés aujourd’hui : pour de courts séjours, ou pour aller à Paris en passant par Cayenne. « Ce que nous essayons, c’est de trouver pour le moment, le meilleur moyen pour que les hommes d’affaires, ceux qui ont des métiers rares, qui font des échanges sportifs, étudiants, universitaires…puissent circuler sans difficulté » a précisé le préfet.

Les 150 piroguiers (soit pas loin de 800 personnes avec leur famille) , « taximen » du fleuve, se retrouvent en difficulté avec des investissements (estimés à près de 4M d’euros selon eux) sans que personne ne s’en soit préoccupé

Pour quoi faire ?
Là aussi des rêves et des contradictions. Le Brésil voit ce passage lui offrir des débouchés touristiques importants sur le plateau des Guyanes, mais aussi un développement et une ouverture maritime au sud ouest du pays. La France pour l’instant semble miser davantage sur l’est et l’embouchure du Maroni avec la mise en œuvre d’une ouverture maritime plus abordable que celle de Degrad Des cannes en permanence soumise au dragage.

Dominique Martin ferrari