jardins partagés: le mouvement reprend Outremer

18/03/2017 at 21 h 31 min

Tandis que l’hexagone et les écolos retrouvent le bienfaits du jardin partagé , les Antilles et la Réunion réinventent leur tour ce « jardin partagé » qui n’est autre que le jardin créole (peut être même un peu appauvri) En tout cas les anciens n’auront sans doute rien à apprendre des technos métropolitains et doivent souvent sourire quand les ministres viennent « inaugurer » un savoir ancestral! Mais l’important n’est ce pas que la jeunesse retrouve cette sagesse séculaire?

A Trenelle Citron c’est (re?) parti

Chaque habitant peut participer à faire vivre l’ancienne carrrière à y faire pousser des légumes et des liens entre les gens. Le centre de culture populaire Ypiranga de Pastinha y consacre beaucoup d’énergie positive, depuis l’an dernier, et vient d’être désigné comme lauréat d’un prix par le ministère de l’Agriculture.Lors d’un récent passage, le ministre des sports, Patrick Kanner a eu droit à une visite guidée du site, en compagnie du maire, Didier Laguerre.

La capoeira Angola mène à tout et notamment à une certaine philosophie, à une certaine sagesse, à une idée de la place de l’homme dans la société et dans son environnement. C’est au pied de la cascade de Trénelle-Citron, dans l’ancienne carrière, que le centre de culture populaire Ypiranga de Pastinha (CCPYPM) veut faire mûrir cette vision de la vie. Et avec un coup de pouce des pouvoirs publics, ce sera encore mieux. L’association vient d’être désignée lauréate d’un appel à projets du Plan national de l’Alimentation. 423 projets ont été déposés dans toute la France. Au final, 47 projets ont été retenus, dont celui du CCPYPM intitulé « Jardin urbain expérimental et capoeira Angola » . Le prix a été remis à l’occasion du Salon international de l’agriculture à Paris, le 1er mars dernier, par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.
Il va bénéficier d’un soutien important de la direction de l’alimentation, l’agriculture et de la forêt (Daaf) et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Une convention va être signée dans quelques jours.
L’association, présidée par Claire Joseph, est bien connue à Trénelle. Téo, d’origine brésilienne, intervient depuis plusieurs années auprès des écoles, des ados, des adultes. Il enseigne la capoiera et tous les chemins de réflexion qui accompagnent cet art. Il explique qu’il n’est pas à l’origine du projet, mais que c’est bien « la volonté collective qui a permis d’aboutir » .
BOUTIQUE MOBILE EN PROJET
L’ancienne carrière a déjà débuté sa métamorphose : le CCPYPM y travaille depuis le mois de mars 2016. Il a d’abord fallu tout déblayer. « L’entreprise qui a aménagé les berges de la ravine se servait du lieu comme dépotoir » , déplore-t-il, jamais la langue dans sa poche. « Auparavant, ce sont les carriers qui avaient détérioré le site » . L’association et les habitants ont recouvert toute la surface de paillage. « Ce n’était pas toujours évident de convaincre les gens de l’intérêt du paillage et des cultures à diversifier. Certains disaient que cela allait faire venir les termites, d’autres ne voulaient faire que de la monoculture » . Actuellement, le lieu ressemble à un joli lieu de vie, modeste et en devenir, pour végétaux, petites bêtes et gens de bonne humeur. La diversité des productions locales est importante, les végétaux essaient d’être associés entre eux intelligemment. Un bureau modulaire est installé, ainsi qu’un carbet.
Le prix du Plan national de l’alimentation va permettre à l’association de poursuivre sur cette voie et de mettre en place une boutique solidaire mobile (c’est-à-dire dans un véhicule) afin de vendre à prix réduits les productions du jardin partagé, particulièrement à des personnes isolées. Tout est en place pour un développement harmonieux du lieu. Avec création de bien-être et d’emplois à la clé. À condition que la population continue de s’en emparer.