A la Réunion : les histoires de requins s’enveniment

18/03/2017 at 18 h 25 min

Alors que la conférence de Carthagène vient de signer la protection de sept espèces de requins, la région Réunion continue de se battre contre le conseil scientifique de la réserve marine. Lire ci dessous l’article de Clicanoo du 7 Mars:

Dans un communiqué, La Région annonce qu’elle ne « tolère plus l’inertie de la Réserve Marine et la non prise en compte des propositions formulées à plusieurs reprises par les collectivités membres du GIP Réserve Naturelle Marine, alors que les pertes humaines se sont de nouveau alourdies avec la dernière attaque mortelle du 21 février dernier ».

Le jour de l’attaque de requin à la rivière-du-Mât au cours de laquellle Alexandre Naussac avait perdu la vie, le maire de Saint-André et conseiller régional Jean-Paul Virapoullé n’avait pas mâché ses mots vis-à-vis des scientifiques de la réserve marine. « La mer est remplie de requins, c’est une espèce invasive. Je ne demande pas qu’on fasse comme dans certains pays asiatiques où l’on coupe les ailerons des requins et on les rejette vivants dans la mer. Il s’agit d’envoyer un signal aux requins pour qu’ils ne viennent plus ici. À Maurice ou aux Seychelles, quand il y a danger, on n’hésite pas. Et à la Réunion, il faut faire pareil ! Commençons par subventionner la pêche aux requins. Il faut mettre en place une prime à la capture des requins et envoyer balader le comité scientifique ! », avait-il notamment déclaré.

 

La Région a choisi d’aller dans ce sens, en discutant ce mardi en commission permanente cette gestion du risque requin. « Face à l’augmentation avérée du nombre d’attaques de requins depuis 2011, la Région souhaite une ré-évaluation des dispositifs mis en œuvre sur le territoire et lancer une discussion avec l’ensemble des partenaires institutionnels. En effet, plusieurs dispositifs de sécurisation mis en place s’avèrent insuffisants », explique dans un communiqué la Région. Et d’enfoncer le clou en estimant que sans remettre en cause l’existence de la Réserve ni ses missions fondamentales, des propositions concrètes visant à modifier sa réglementation doivent être proposées, et notamment l’autorisation du déploiement du programme Caprequins dans tout le périmètre de la Réserve, pour laisser la possibilité aux pêcheurs de déposer leurs engins de pêche sur des zones réputées fréquentées par les requins bouledogue et tigre.

 

Pour terminer, la Région annonce qu’elle « ne tolère plus l’inertie de la Réserve Marine et la non prise en compte des propositions formulées à plusieurs reprises par les collectivités membres du GIP Réserve Naturelle Marine, alors que les pertes humaines se sont de nouveau alourdies avec la dernière attaque mortelle du 21 février dernier. La Région veut tout mettre en œuvre pour que les Réunionnais puissent se réapproprier sereinement les plages de leur île. 230 000 €, initialement alloués à la Réserve Marine, seront ainsi, à ce stade, réengagés pour financer les actions suivantes : Vigies requins renforcées, Caprequins, entretien et maintenance des sites de baignade… »

autre infos (infos Ré) L’arme financière comme moyen de persuasion:

Les comptes de la Réserve Marine bientôt dans le rouge ? C’est une éventualité envisagée après la décision de la Région de suspendre ses subventions à la Réserve. Mardi, les élus de la majorité ont choisi de ne plus verser les 230 000 euros de crédit.

Contestée, insultée, et bientôt peut être endettée… La Réserve marine de La Réunion est plus que jamais poussée dans ses retranchements.

Comme annoncé lors de l’attaque mortelle de requin à Saint-André, les conseillers régionaux ont décidé le mardi 7 mars, en commission permanente, de suspendre les subventions allouées à la Réserve marine. Une décision prise sans les élus de l’opposition qui ont préféré quitter la séance.

Dans un communiqué, le président de Région, Didier Robert, justifie ce choix par un manque de débat sur un éventuel changement de réglementation de la Réserve marine.

« La Région ne tolère plus l’inertie de la Réserve marine (…). 230 000 €, initialement alloués à la Réserve Marine, seront ainsi, à ce stade, réengagés pour financer les actions suivantes : Vigies requins renforcées, Caprequins, entretien et maintenance des sites de baignade… »

950 000 euros de budget total de fonctionnement

Avec cette enveloppe en moins, le fonctionnement de la Réserve marine sera-t-il remis en cause ? Oui selon toute vraisemblance. Même si les subventions de la Région représentent un peu moins du quart du budget total de la Réserve. Les financements s’élèvent à 950 000 euros.

Avec 400 000 euros de la part de l’État, 230 000 euros du Conseil régional, 190 000 du Département, et 130 000 euros de la part des communes de Saint-Paul, Saint-Leu, et du TCO.

Jean-Pierre Marchau, EELV Réunion, réagit à cette décision de la Région.

Un conseil d’administration prévu prochainement

 

Focus sur la contribution régionale en matière de gestion du risque requin :

  • En 2011, la Collectivité finance une étude menée par le bureau Biotope sur les dispositifs de protection liés au risque requin à La Réunion dans le but de faire émerger des solutions.
  • En 2013, elle adopte un cadre de financement en faveur des dispositifs de protection et de surveillance. Priorité aux projets technologiques innovants ayant un impact mineur sur l’environnement et pouvant être lancés à court terme. Objectif : positionner La Réunion comme site pilote en matière d’innovation dans la gestion de la réduction du risque requins.
  • Parallèlement, la Région soutient le programme CHARC « Connaissance de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion », porté par l’Institut Régional de Développement ; CAPREQUINS « Compréhensions de la CAPturabilité des REQUINS côtiers », dispositif de sécurisation des côtes aux moyens des techniques de pêche (drumlines et palangres de fond) ; Vigies requins renforcées, dispositif d’observation sous-marin avec un rideau vidéo assisté d’un logiciel de reconnaissance des requins, porté par la Ligue Réunionnaise de Surf ; la sécurisation des zones de baignade et d’activités nautiques sur la commune de Saint-Paul (installation et maintenance de filets sur les sites de Roches Noires et de Boucan Canot).
  • Depuis 2016, elle contribue à hauteur de 300 000 € annuels, à parité avec l’État, au fonctionnement du Centre de Ressources et d’Appui sur le risque Requin (CRAR) au titre du Contrat de Plan État- Région pour la période 2015-2020. Elle répond aux attentes des partenaires locaux d’inscrire la gestion du risque requin dans une démarche globale associant les institutionnels, les acteurs socio- économiques, les sportifs, les politiques et les usagers de la mer. Son champ d’intervention ne s’étend cependant pas aux actions opérationnelles.