un pont entre la France et le Brésil sur l’Oyapock? la fin d’une saga

18/03/2017 at 17 h 17 min

On ne le mesure pas assez mais le poids de l’histoire importe à nos présidents de la République et à François Hollande « le chef de guerre du Mali « sans doute plus qu’à quiconque. Est ce pour une raison similaire que Segolène Royal qui postule à de hautes fonctions internationales a reculé face à la responsabilité de l’inauguration du pont de Saint georges d el’Oyapock entre Bresil et France ce vendredi 17 Mars ? Qui veut en être responsable ?

Rappellons nous : ce pont fît lié aux négociations du parc national Amazonien qui date de 1992 et de l’annonce française au sommet de la terre de Rio. Il faudra attendre 2007 pour qu’il voit le jour .

Du fait des troubles de ces derniers jours, Segolène Royal n’a pas fêté les dix ans du parc qui représente ici « la main mise de l’Etat, et la Guyane sous cloche » et a renoncé à l’inauguration du pont. Elle n’est pas la première. Avant elle Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’étaient abstenus. Pourtant tout avait commencé par de belles paroles: en 1997  Jacques Chirac avait déclaré La France partage avec votre grand pays sa plus longue frontière terrestre avec un pays étranger. Sachons, en voisins,développer ces territoires limitrophes, préserver leurs richesses, leurs traditions, travailler au bien-être de toutes celles et de tous ceux qui vivent dans la nature belle et difficile du bassin amazonien. Notre coopération doit favoriser le rapprochement de nos économies. 

On doit à Antoine Karam alors président du  Conseil régional de lancer « la commission mixte transfrontalière » De cet accord débute un ensemble de malentendus. Si la Guyane tient à déterminer ses prérogatives en termes de frontières , elle souhaite aussi ouvrir des relations économiques avec le Brésil, et Lula alors à la tête du pays attend la suppression des visas pour les ressortissants bresiliens et un accés au marché européen.  En 2003 , l’extension de la N2 depuis Régina va relier Cayenne à Saint Georges. On éspère que les choses vont s’ameliorer. Que nenni.S’en suivra une longue période de traversées illégales d’orpailleurs.

De  côté brésilien  du pont , la petite ville d’Oiapoque ne relie toujours pas la capitale de Macapa à 600km . Juste une piste boueuse, impraticable, et comme le disent les cayennais « de toute façon, c’est tellement facile de franchir le fleuve, a quoi cela sert cette route en impasse? »A avoir fait de cette frontière un point d’appel ? Il est difficile de considérer les problèmes d’orpaillage illégal sans avoir cette histoire en tête, car ici on traversait au gré des humeurs et sans contrôle

Le projet a couté officiellement 24 Millions d’euros et à ce jour personne ne sait exactement à quoi il va servir et quelle sera son rôle historique entre France et Brésil. Une raison suffisante peut être, pour que ce Samedi 18 Mars, il ne soit inauguré que par le prefet Geager et le gouverneur de l’état brésilien de l’Amapa

Ce pont à haubans de 378 mètres de longueur comportera deux voies de 3,50 m de largeur et deux voies mixtes séparées pour piétons et cyclistes. Le tirant d’air minimal sous le tablier est de 15 m, et les deux pylônes culminent à 83 m de hauteur.  Fin juin 2011,  les travaux sur les voies d’accès à Saint-Georges de l’Oyapock (côté français) et Oiapoque (côté brésilien) se terminent. (…) Pourquoi un pont aussi grandiose alors que l’on n’attend qu’un trafic très limité, qui aurait très probablement pu être absorbé sans difficulté – à un coût infiniment moindre – en renforçant le service des bacs qui assuraient déjà la traversée ? Cela ne s’explique que dans une perspective géopolitique régionale de liaison entre le Brésil et ses voisins du Nord. (sources diploweb.com)

Dominique Martin Ferrari