Aux inondations du Maroni s’est ajouté un patakes administratif.

08/03/2017 at 17 h 07 min

Pluies inhabituelles:  Alors que des images des rues inondées étaient diffusées sur les réseaux sociaux, le préfet renvoyait à un désastre sur les rives surinamiennes. Pour leur part les élus reconnaissaient un impact sur certaines zones de l’ouest guyanais où des populations avaient été effectivement touchées Le nombre de sinistrés est estimé aujourd’hui à 1500 personnes et plusieurs villages entre Grand Santi et Apatou sont encore sous les eaux.

Alors que l’association Na Yu, Na ni Na wi (ni toi, ni moi, ni nous) lançait un appel à soutien financier, les élus précisaient que si l’association avait besoin de financer sa logistique, son appel devait ne concerner que les denrées alimentaires, vêtements et produits de première nécessité.

Voici les extraits de France Guyane sur le sujet: http://www.franceguyane.fr/actualite/education-sante-environnement/une-crue-atypique-sur-le-maroni-337721.php

Il est tombé plus de 315 millimètres de pluie à Maripasoula en février. Un excédent de près de 50% par rapport aux autres années. À la cellule de veille hydrologique, on avoue avoir été « surpris par l’ampleur et la vitesse de la montée des eaux » .

Les images des villages du Maroni inondés ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Face à une polémique naissante (notre édition de lundi), France-Guyane a cherché à en savoir davantage, en interrogeant les experts concernés. « En février, la zone de Maripasoula a été la plus arrosée du département, nous confirme Yves Clemenceau, le directeur de Météo France en Guyane. En deux jours, les 15 et 16, il est tombé près de 160 millimètres de pluie, dont 135 sur la seule journée du 16. L’intensité des pluies était très importante, c’est-à-dire qu’il est tombé beaucoup d’eau sur une courte période » , poursuit-il. Au global sur le mois de février, Météo France a relevé 315,4 millimètres de pluie, soit un excédent de près de 50% par rapport à la normale (pendant ce mois de l’année, elle est fixée à 2 14 millimètres). Impossible de connaître les taux de pluviométrie ailleurs sur le Maroni puisque Météo France ne la relève qu’à Maripasoula.

LA PRÉFECTURE SAVAIT

Rattachée à la Deal, la cellule de veille hydrologique (CVH) a quant à elle des points de captation à Maripasoula, mais aussi à Papaïchton, Grand-Santi et Langa Tabiki, un îlet situé en amont d’Apatou. Sa mission ? Relever les niveaux d’eau partout en Guyane. Et là encore, le constat est sans appel. « On a eu affaire à une crue atypique. On a été surpris par l’ampleur et la vitesse de la montée des eaux, nous avoue-t-on. En deux jours, il est tombé l’équivalent de ce qui tombe normalement en une semaine. »

Si l’eau est montée plus rapidement à Maripasoula que dans les autres communes du Maroni, c’est en revanche à Grand-Santi et Apatou qu’elle est montée le plus haut.

Tous les jours, la CVH envoie ses bulletins à la Sécurité civile, un service de la préfecture. Cette dernière était donc forcément au courant de ce qui se jouait sur le Maroni. Mais n’a pas pris la mesure du phénomène. Dimanche, les services de la préfecture continuaient d’affirmer que les inondations n’auraient touché que les villages situés sur la rive surinamaise. Et aucune information concernant les villages de Guyane ne leur aurait été rapportée. Hier, malgré nos demandes, il nous a été impossible d’obtenir les relevés de la CVH, soudainement jalousement gardés.

2006, 2008 et 2011 : les villages du Maroni déjà sous les eaux

Déjà en 2008, 90 villages avaient été inondés et plus d’un millier de personnes avaient dû être évacuées.