Clarifier la reconnaissance des peuples amérindiens d eGuyane

05/03/2017 at 8 h 27 min

Vu dans France Guyane

Dans un avis adopté le 23 février, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) appelle l’État français à clarifier sa position sur la reconnaissance des peuples amérindiens de Guyane.

« Il est indispensable, explique Christine Lazerges, présidente de la CNCDH, que l’État les reconnaisse comme des « peuples autochtones » au sens des Nations. » Il s’agit des « communautés, populations et nations autochtones liées par une continuité historique avec les sociétés antérieures à l’invasion, et avec les sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires. Ces peuples sont distincts des autres segments de la société qui dominent à présent sur leurs territoires » . La définition de l’Onu précise encore que, « non dominants de la société, ils sont déterminés à préserver, développer et transmettre aux futures générations leurs territoires ancestraux et leur identité ethnique » .
Cette reconnaissance est le « préalable indispensable à l’effectivité des principes d’égalité devant la loi et de non-discrimination » pour la CNCDH qui recommande à la France de ratifier la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux de l’Organisation internationale du Travail de 1989, « seul instrument juridique contraignant assurant une véritable protection aux membres des peuples autochtones et consacrant notamment le droit collectif à la terre » .
La CNCDH dresse un constat mitigé des politiques publiques envers les Amérindiens, mais elle se félicite des avancées de la loi pour l’égalité réelle outre-mer avec la création du grand conseil coutumier (ancien conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengue).
La CNCDH a décidé de produire un ouvrage qui dressera le bilan de l’état des droits de l’homme dans les Outre-mer et formulera de nouvelles recommandations au début de l’année 2018.
FXG, à Paris
L’Onag « se félicite »
Dans un communiqué daté de mardi, l’Organisation des nations autochtones de Guyane « se félicite de son audition du 28 septembre au CNCDH à Paris » . Les responsables de l’Onag estiment « qu’il est intéressant qu’une telle autorité, émanant de l’État mais indépendante dans ses avis et ses rapports, condamne l’État sur son insuffisance dans la lutte contre l’orpaillage » . En effet, l’avis de la CNCDH porte également sur les ravages causés au sein des populations autochtones par, notamment, l’utilisation du mercure. Par ailleurs, l’Onag « espère » que l’Agence régionale de santé en Guyane suivra l’avis de la CNCDH.