En direct du salon de l’agriculture

25/02/2017 at 14 h 08 min

Les territoires d’Outre mer y tiennent une place très importante au niveau 1 du Pavillon 5 réservé aux produits et agricultures du monde. Ainsi les territoires s’ouvrent-ils  immédiatement vers des fenêtres non uniquement hexagonales mais aussi vers des régions périphériques.

Comme à l’habitude, la banane règne sur un luxueux stand immédiatement concurrencé par les filières rhum encore plus à l’honneur que d’ordinaire en cette année qui voit la fin des quotas sucriers en Octobre prochain.

C’est d’une voix unanime  que les partenaires  défendent une filière menacée, principale pourvoyeuse d’emploi dans les îles (18.300 soit 13,3% de la population active de la Réunion) et dont l’avenir dépend plus que jamais des sucres spéciaux et du rhum.

En effet 90% des sucres des Doms sont exportés vers l’UE. 60% sont destinés à être raffinés et vont être directement menacés par le sucre de betterave et la fin des quotas qui augure une surproduction sucrière éminente. Restent donc les 16% de sucres spéciaux (bruts, aromatisés, ou colorés) Le colloque qui se déroulait la veille au Sénat à l’initiative de la FEDOM l’a martelé « il faudra habituer les consommateurs à utiliser les sucres roux « , issus des sucres de canne dont la Réunion est productrice leader avec 90.000 T , suivie de près par l’Ile Maurice.

Pour le rhum ce sera plus compliqué.

Comme l’a rappelé Eurodom , nos productions sont insuffisamment protégées . Il faudrait que l’UE cesse d’utiliser les productions tropicales comme monnaie d’échange dans ses négociations commerciales. Les USA ont multipliés par 24 leurs volumes d’exportation et le marché allemand est désormais pour nous en chute libre. Des subventions colossales ont été attribuées aux îles vierges par l’UE qui se mobilise trop timidement pour défendre ses RUP. Younous Omarjee intervenu depuis Bruxelles par vidéo conférence a rappelé les menaces liés aux nouveaux accords commerciaux européens (accord équateur/pérou, Usa/Mexique…) Autant de positions européennes qui ne respectent pas l’article 349 et sa demande d’intégration des intérêts outremers. Une discussion qui sera au cœur de l’intervention RUP/UE en Mars.

Autres batailles en demie teinte sur l’espace Outremer : celles de l’autosuffisance alimentaire et des normes phytosanitaires qui sont de vrais freins à l’export vers l’Union, de plus en plus sévère en termes d’usage des produits soumis à homologation.

(Dossier à suivre dans le numéro à venir : l’Outremer en métamorphose : filières alimentaires et biodiversité) fin Avril

Dominique Martin Ferrari