Energie : voeux de la Fedom ou assises européennes de Bordeaux, un champ de possibles pour les territoires.

27/01/2017 at 15 h 55 min

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Mardi 24 Janvier, et pour trois jours , s’ouvraient la 18° édition des Assises, devenues européennes, de la Transition Énergétique, avec cette année plus de 3 400 inscrits. Une année s’écoulant entre deux Assises , ce rendez-vous est devenu le moment où l’on mesure le chemin parcouru par son territoire et par celui des autres.

En 2017, elles se dérouleront dans le Grand Genève carrefour entre la France et la Suisse.

En ouverture, Alain Juppé, Maire de Bordeaux, Bruno Lechevin président de l’ADEME et porte parole pour l’occasion de Ségolène Royal se sont exprimés sur les nouvelles perspectives en matière « d’après COP 21 » . « Il est temps de s’atteler à la transition énergétique, a plaidé Bruno Lechevin. Ce qui est encourageant c’est que Kyoto a mis 8 ans a être appliqué tandis que la COP 21 seulement 2 ans pour que tout soit ratifié. »

Ce sont désormais sur les collectivités territoriales, que repose la mise en œuvre des solutions car ce sont les territoires qui sont en première ligne pour agir. Les initiatives privées et publiques se multiplient sur la mobilité, la planification urbaine, la gouvernance alimentaire, l’habitat. L’énergie est toujours au cœur de ces évolutions.

 

 

Alain Juppé est revenu sur un des grands sujets de la COP 22 de Marrakech : « La transition énergétique n’est pas une contrainte, c’est une opportunité ».

–       opportunité écologique de réduire nos émissions de gaz à effet de serre

–       opportunité pour la santé, de réduire pollution et nuisances. On en prend conscience aujourd’hui aux regards des pics de pollution à répétition. Ces derniers mois ils se sont enchainés. Avec 48 000 Décès par an et un coût de 100 milliards pour la société. Les réponses tardives comme la circulation alternée ne suffisent pas. Les PPA (Plan de protection d’atmosphère) devraient permettre de reconquérir un air plus pur.

Opportunité pour la santé mais aussi pour l’économie et l’emploi. En France le potentiel dans le seul secteur des énergies renouvelables représente 170 000 emplois. Il est de 350 000 en Allemagne, de 8 millions sur la planète. À l’horizon 2030, ce sont 25 millions d’emplois dans ce secteur qui sont prévus à l’échelle de la planète. « L’essor du carrefour des métiers et de stages proposés le prouve :60 intervenants, des dizaines de débats et de tables rondes, 1000 inscrits, plus de 300 offres d’emplois » a souligné Alain Juppé.

La transition énergétique est aussi une opportunité financière : la maÎtrise de la demande, l’exploitation d’énergies renouvelables ou de récupération, représente en effet des coûts économisés et des recettes nouvelles. Le maire de Bordeaux a également rappelé que l’une des caractéristiques importantes liées à l’efficacité énergétique par la production et la distribution décentralisée de l’énergie, est de ne pas être délocalisable.

«  Si les gouvernements locaux que nous représentons veulent davantage de décentralisation et d’autonomie c’est aussi pour tisser entre eux des relations nouvelles faites d’entre-aide, de complémentarité, de solidarité au grès de nouvelles relations avec les territoires ruraux voisins qui fourniront à nos villes une part de l’énergie dont elles auront besoin et auxquels elles offriront dans un échange fructueux et équilibré les services qui leurs sont nécessaires : services urbains mutualisé, apport d’expertises, aide a l’innovation… Un nouveau gagnant-gagnant. »

 

Concernant l’outremer restons encore un peu à Paris où pendant ce temps se tenait les « Electrics Days » d’EDF et la table ronde organisée par la FEDOM pour ses vœux à la Villette . On y a aussi beaucoup parlé d’énergie.

Outre l’intervention d’EDF en recherche de solutions pour développer davantage les énergies renouvelables en retravaillant avec les partenaires sur le seuil de 30% de production liés aux ENR imposé aux îles qui se sont engagées à un 50% d’autonomie en 2020, et à la question des coûts du kwh racheté, on a entendu Jacques Pétri patron d’Albioma, repréciser le plan bagasse qui devient urgent face à la fin des quotas sucriers en Octobre prochain. Les usines jusqu’à présent mixtes charbon/bagasse pourraient devenir de nouvelles implantations 100% bagasse fonctionnant à 100% en biomasse locale ou importée.

Jean Ballandras , patron d’AKUO , a redessiné les limites du photovoltaïque dans les zones de foncier rare et relancé l’opportunité de développer les énergies marines par les procédés désormais rodés du SWAC ou dans le cadre des prototypes comme Nemo en Martinique exportables sur toute la ceinture tropicale (nécessité d’un différentiel de température de 25°) « Pas avant 2020 » Les difficultés ne sont pas d’ordre technique mais plutôt financier .

Jean Pierre Philibert, patron de la FEDOM, a souligné que l’emploi privé se développe actuellement plus vite dans les territoires ultramarins alors que le PIB ne réussit pas à rattraper le gap constaté avec la métropole puisque le PIB dans les îles s’apparente au plus pauvre des territoires de la métropole, le Limousin. Les branches n’ont pas encore été suffisamment secouées à son sens. « Il faut oser » et si certains dispositifs de la loi sur l’égalité réelle vont dans la bonne direction, c’est insuffisant et trop délayé. L’attente est grande face à la future loi de développement économique, « seul moyen pour les outremers de se tirer du mauvais pas dans lequel ils sont. »

 

L’ADEME veille à distribuer les bons points. « Une transition énergétique écologique réussie c’est une transition qui s’appuie sur les opportunités technologiques certes, qui s’appuie sur le numérique, mais aussi sur l’adhésion, les évolutions et la prise en compte de la modification des comportements de nos concitoyens ». Aujourd’hui, sur tous les territoires, l’effort des quatre vingt huit chargés de mission co-financés par l’ADEME accompagnent les changements de comportement, et côté pouvoir, élus, les labellisation des politiques énergie/climat se multiplient- 17 collectivités vont être labellisées ce qui porte le nombre de villes à 117 et à 12 millions d’habitants concernés. Bruno Lechevin a souligné : « Nous sommes un peu en retard en ce qui concerne les objectifs pour les EPCI (établissement public de coopération intercommunal) de plus de 50000 habitants mais cela a un peu trainé pour avoir un cadre complet avec les décrets et arrêtés qui n’ont vu le jour qu’à l’automne mais on peu déjà dire que cela va avancer rapidement désormais. »