Cinq ultramarins au CA de l’Agence Française de la biodiversité

21/12/2016 at 14 h 46 min

Attendue de longue date, elle entre en fonction le 1° Janvier prochain. Pour les fées qui se penchent sur son berceau, cette agence devrait avoir le même bel avenir que les Agences de l’eau et que  l’ADEME. Marine et terrestre, la biodiversité des territoires gérés par la France et les outremers est d’une immense richesse. Il était temps de s’en préoccuper plus sérieusement. Souhaitons à ceux qui vont en prendre la responsabilité de mesurer qu’ils le  feront pour le bien de l’humanité à venir. C’est en tout cas le voeu d’Hubert Reeves qui a accepté d’en être le parrain

POURQUOI JE PARRAINE LE PROJET D’AGENCE DE LA BIODIVERSITE
Par Hubert Reeves, Président d’honneur d’Humanité et Biodiversité

L’humanité doit aujourd’hui faire face à un problème majeur dont elle est en grande partie responsable, l’érosion rapide de la biodiversité.
Cette biodiversité a permis, à travers ses multiples services, le développement de l’humanité. Cela a été vrai dans le passé, cela l’est encore aujourd’hui et cela reste vrai pour affronter les défis de demain, qu’il s’agisse de nourrir, de soigner ou d’abriter, de manière soutenable, les générations futures.
Il convient donc de ne pas se contenter de stopper l’érosion de la biodiversité mais de s’engager dans une action ambitieuse et de longue haleine, de reconquête de la biodiversité.
Cette reconquête est impérative, elle est aussi possible mais elle nécessite la mobilisation de tous les acteurs, publics et privés, et à toutes les échelles, du local – avec un rôle important des collectivités territoriales – au national, en tenant compte du cadre international (l’agence doit aider à tenir les objectifs d’Aichi-Nagoya).
Pour tout à la fois s’inscrire dans la durée et mobiliser une grande diversité d’acteurs, le projet d’une agence dédiée m’apparaît, dans le contexte français, une formule qui a fait ses preuves (on peut penser à ce qu’ont apporté les agences de l’eau ou l’Ademe dans leur domaine).
Cette agence devra sensibiliser, former, organiser la connaissance, soutenir les différents acteurs, lancer des projets concrets… Elle devra disposer de moyens dédiés comme les autres agences déjà citées.
Elle devra travailler sur l’ensemble des milieux terrestres et aquatiques, métropolitains et ultra- marins. Pour cela, au-delà des organismes que le projet de loi prévoit à ce jour de regrouper en son sein, je souhaite que soit rapidement défini comment elle pourra en associer d’autres à son action, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, les différents gestionnaires d’espaces naturels, l’Office National des Forêts… et il faudra une bonne collaboration avec la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité qui anime avec succès l’ensemble de la communauté de recherche en ce domaine.

Je souhaite donc défendre et promouvoir auprès de tous, ce projet d’agence : une agence couvrant tous les domaines de la biodiversité, une agence dont la gouvernance fait place à toutes les parties prenantes, une agence ouverte sur ses partenaires, une agence qui touche le public, une agence enfin disposant de moyens humains et budgétaires pour mener ces actions.