Nous devrons tous y passer

30/08/2016 at 17 h 52 min

Plusieurs assureurs demandent aux pays du G20 d’éliminer les subventions aux énergies fossiles d’ici 2020

Par Sabrina Dourlens

gui yong nian Des assureurs gérant plus de 1 200 milliards de dollars d’actifs, dont Aviva et Aegon, font part de leurs préoccupations auprès des membres du G20, qui se réuniront les 4 et 5 septembre lors du sommet de Hangzhou en Chine. Alors que quelques jours plus tôt, des investisseurs avaient invité les pays du G20 à ratifier l’accord de Paris sur le climat dès 2016 (lire sur AEF), les assureurs les appellent dans une lettre datée du 30 août à s’engager à « éliminer les subventions et autres financements publics aux énergies fossiles d’ici 2020 ».
« Nous sommes satisfaits de voir que les ministres des finances du G20 réunis à Shanghai en février ont réaffirmé l’engagement de longue date d’éliminer les subventions aux énergies fossiles, une promesse faite à chaque sommet du G20 depuis 2009, sans date butoir », écrivent les assureurs, qui soulignent l’urgence des prochaines étapes.

ÊTRE TOTALEMENT TRANSPARENTS DÈS 2017

Pour eux, le communiqué du G20 devrait contenir « un calendrier clair pour une élimination totale et équitable par tous les membres du G20 de toutes les subventions aux énergies fossiles d’ici 2020, en commençant par l’élimination de toutes les subventions destinées à l’exploration des énergies fossiles et la production de charbon et un calendrier clair pour la suppression du financement public national et international pour la production de pétrole, gaz et charbon d’ici 2020, excepté dans des cas extrêmes pour lesquels il n’y a pas d’autre option viable pour améliorer l’accès à l’énergie pour les populations pauvres ».

Ils demandent également que les membres du G20 s’engagent à « être totalement transparents dès 2017 sur les subventions aux énergies fossiles dans un format accessible publiquement de manière annuelle ». « L’inventaire de l’OCDE devrait être renforcé et étendu pour inclure tous les pays du G20, sur le même modèle de suivi des subventions agricoles. Le G20 devrait, de manière simultanée, augmenter la transparence du reporting sur les investissements et les financements pour la production d’énergies fossiles par les institutions financières publiques et sociétés publiques. »

Les assureurs signalent une étude publiée en novembre 2015 par le think tank britannique Overseas Development Institute et l’ONG américaine Oil Change International selon laquelle les pays du G20 « dépensent 444 milliards de dollars par an pour subventionner les énergies fossiles ».

Un plan d’action du G20 sur l’agenda 2030

Dans une lettre datée du 30 août, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et de Donald Tusk, président du Conseil européen, indiquent aux États membres de l’UE que « le sommet du G20 soutiendra un plan d’action sur l’agenda 2030 pour le développement durable, soulignant les contributions collectives pour réduire la pauvreté et améliorer le développement ».

« Il s’agit également d’une occasion importante pour maintenir la dynamique pour une ratification et mise en œuvre rapide de l’accord de Paris. Le G20 devrait continuer à travailler sur la finance verte et climatique, l’énergie durable, et l’élimination des subventions inefficaces aux énergies fossiles. Il devrait aussi aider à atteindre des accords cette année sur un mécanisme de marché mondial et efficace pour stabiliser les émissions internationales de l’aviation et une réduction des émissions d’hydrofluorocarbures sous le protocole de Montréal. »