Albioma Galion : un futur électrique fondé sur la biomasse?

30/08/2016 at 8 h 11 min

En Avril 2015 l’équipe de  métamorphose outremers accompagnait le président de l’ADEME dans sa visite à l’usine du Galion.

A cette occasion l’ADEME annonçait un financement important pour la poursuite de la reconversion de l’usine du galion à Trinité. Nous étions en pleine préparation de la COP 21 et la France devait être exemplaire dans le cadre de sa suppression des sources carbonées. Il était évident cependant que la crise du sucre se profilait (arrêt des quotas en 2017) que la biomasse n’était peut être pas la bonne réponse, car la production de bagasse locale serait insuffisante . Aujourd’hui comme nous l’explique La 1°:  «  à mesure que sa mise en service approche, Galion 2 fait parler d’elle.  « Aujourd’hui, on peut dire que cette centrale sera 100 % biomasse. Il n’y aura pas de charbon. Elle exploitera la bagasse qui est issue de la sucrerie d’â-côté et de la biomasse importée », explique Hervé Hébrard, le directeur d’Albioma Galion. Albioma est un producteur indépendant d’énergie. Elle représente 20 % de la capacité photovoltaïque dans la zone Antilles-Guyane. Elle veut devenir le principal producteur d’électricité après EDF. Avec le Galion, elle vise 15 % de la production martiniquaise. »

Albioma est un acteur qui maitrise parfaitement cette technologie. A l’ile Maurice avec l’aide des financements allemands, la centrale a effectivement misé sur la biomasse et vise à terme de fonctionner à partir du biogaz issu de la bagasse. mais les capacités de bagasse sur l’île y sont autrement importantes et l’ile Maurice prépare sa reconversion sucrière sans déni de longue date .

Galion 2 a t elle réellement mis en place une étude prospective suffisante en approvisionnement de bagasse? Nous le disions en 2015 c’est clairement non (cf enregistrement des « dix heures pour l’outremer » sur terre TV). Et c’est ce que  reprochent les opposants actuels au projet, outre les risques de pollution de l’air aux particules fines . Le problème encore une fois est un choix de sauvetage d’emploi sur le court terme 


« Son investissement dans l’île pour construire son usine s’élève à 165 millions d’euros. L’entreprise affirme qu’elle participera au développement de l’économie locale. Cela passera par le maintien de la filière sucre et de ses 1 300 emplois et par la construction d’ouvrages de protection hydraulique du site du Galion contre les inondations. Outre les trente-neuf emplois directs, deux cents quarante emplois indirects seront également créés, estime Albioma. » (…) « C’est un projet dangereux pour l’environnement et c’est une aberration économique », ajoute de son côté, Marcellin Nadeau. « On nous parle de transition énergétique. Mais cela doit aussi passer par l’autonomie énergétique. Voilà un projet qui va renforcer notre dépendance énergétique car on va importer du bois. Quand on nous parle de déchets naturels, c’est faux. Ce bois sera prélevé dans des forêts. On va contribuer au réchauffement climatique. Alors que ce pays Martinique regorge de ressources comme le solaire, la mer, qui nous permettraient de développer véritablement des ressources renouvelables », explique le leader du mouvement « Nou Pèp La » qui reprend les idées du Collectif martiniquais pour la protection de l’air

Le dossier est loin d’être terminé. L’Assaupamar a déposé un recours devant le Tribunal Administratif de Fort-de-France pour empêcher la mise en service de Galion 2..

D Martin Ferrari avec info 1°

En savoir plus:

Galion 2 : innovation énergétique ou désastre environnemental ?

http://www.terre.tv/fr/6516_outre-mer–100-dautonomie-energetique-en