retour sur le dossier de la plus grande réserve mondiale marine

29/08/2016 at 14 h 57 min

Les polémiques concernant les stratégies de protection marines et de géopolitiques des océans vont alimenter le siècle en cours. Pour éviter toute mauvaise interprétation mieux vaut être bien informé . Ci joint la mise au point de l’association PEW concernant l’imitative du Président Obama

HONOLULU — The Pew Charitable Trusts se joint à ses partenaires d’Hawaï et à la communauté scientifique dans son ensemble pour saluer la déclaration faite aujourd’hui par le Président Barack Obama pour annoncer que les États-Unis ont agrandi le Monument national marin des îles hawaïennes du Nord-Ouest, également connu sous le nom de Monument national marin de Papahānaumokuākea, en faisant passer sa surface à 1,5 million de km2. En agrandissant la surface du monument originel de 1,15 million de km2, les États-Unis font de cette réserve naturelle la plus vaste aire marine protégée au monde. La zone ainsi couverte représente désormais près de quatre fois la taille de la Californie.

L’annonce faite aujourd’hui s’appuie sur les actions menées par six présidents – trois Républicains et trois Démocrates, dont Theodore Roosevelt – pour œuvrer à la conservation des écosystèmes et de la faune des îles hawaïennes du Nord-Ouest. En 2006, le Président Georges W. Bush avait accordé aux îles et aux eaux qui les entourent le titre de monument national marin. C’était la première fois qu’une si grande portion des océans était déclarée zone protégée par les États-Unis, pays qui est davantage connu pour ses parcs nationaux terrestres. À l’époque, Papahānaumokuākea était déjà la plus grande réserve marine au monde. Par la suite, plus d’une douzaine de réserves marines très étendues et hautement protégées furent créées à travers le monde, neuf d’entre elles étant plus grandes que le monument hawaïen originel.

Selon Joshua S. Reichert, vice-président exécutif de Pew en charge de la stratégie pour le projet Héritage mondial des océans<http://www.pewtrusts.org/en/projects/global-ocean-legacy>, « Papahānaumokuākea a inspiré un mouvement international visant à protéger de vastes zones océaniques et a contribué à la création de la première génération de grands parcs marins. » « En agrandissant le monument, le Président Obama a renforcé la protection d’un site dont le rôle biologique et culturel est primordial pour la planète. »

Le sénateur américain Brian Schatz (parti démocrate d’Hawaï) est du même avis. « L’agrandissement de Papahānaumokuākea signe de manière irrévocable l’engagement de Hawaï et des États-Unis pour la conservation marine. En adoptant ma proposition d’agrandissement du monument, le Président Obama permet la création d’une zone sûre pour la reconstitution des stocks de thons, encourage la biodiversité et renforce la lutte contre le changement climatique, et donne à la population autochtone d’Hawaï davantage de moyens pour gérer cette ressource précieuse », a déclaré le sénateur Schatz.

« La déclaration faite par le Président Obama n’est qu’un début. Si nous voulons assurer un succès durable, nous devrons travailler ensemble au maintien et au développement des partenariats sans lesquels cet agrandissement n’aurait pas été possible. »

Au moyen de pétitions, de rencontres publiques et d’autres événements, les Hawaïens ont démontré qu’ils sont pleinement en faveur de l’élargissement du monument, en particulier la population autochtone qui a soumis l’idée à la Maison-Blanche au mois de janvier. Pour les autochtones de l’archipel, Papahānaumokuākea est un lieu de culte symbolisant les liens ancestraux de la communauté avec les dieux et le site où les esprits reviennent après la mort.

« Papahānaumokuākea revêt une importance significative pour la culture hawaïenne : c’est un lieu ancestral et le berceau de la vie même », a expliqué Sol Kahoʻohalahala, Hawaïen de septième génération, natif de l’île de Lanai et membre de l’association Northwestern Hawaiian Islands Native Hawaiian Cultural Working Group. « Le monument agrandi sera une réserve naturelle, climatique et culturelle pour ma petite-fille et les générations futures ».
La campagne Héritage mondial des océans<http://www.pewtrusts.org/en/projects/global-ocean-legacy> de Pew a collaboré avec les autochtones d’Hawaï, les scientifiques, les élus, les leaders de la communauté, les entreprises et la communauté environnementale dans son ensemble pour soutenir le projet d’agrandissement. Une étude approfondie sur l’importance biologique et culturelle de la zone, des réunions publiques, des séances pédagogiques, des conférences informatives et des entretiens avec la presse ont notamment été organisés. Plus d’un million de personnes, dont les Hawaïens, ont signé des pétitions ou écrit à la Maison-Blanche et aux législateurs. En juin, 1 500 scientifiques ont signé une lettre adressée au Président Obama pour signifier leur soutien au projet.

Bien que la plupart des territoires couverts par le Monument restent largement inexplorés, Papahānaumokuākea abrite plus de 7 000 espèces, dont un quart sont endémiques, ou introuvables ailleurs sur le globe terrestre, et certaines viennent tout juste d’être découvertes. La zone abrite des espèces rares, comme la tortue verte menacée d’extinction, le phoque moine hawaïen en voie de disparition et la fausse orque, ainsi que 14 millions d’oiseaux marins représentant 22 espèces. Cette année, les scientifiques explorant ces eaux ont découvert un nouveau type de pieuvre translucide qu’ils ont surnommée Casper, ainsi que trois nouvelles espèces de poissons.


Certains lieux du monument élargi présentent un taux d’endémisme de 100 % à des profondeurs de 100 mètres. Les scientifiques ont également découvert dans la réserve agrandie le plus ancien des organismes vivants identifiés : un corail noir d’eau profonde qui serait âgé de 4 265 ans. Les épaves de la bataille de Midway de la Seconde Guerre mondiale, notamment l’épave du porte-avions USS Yorktown, se trouvent également dans l’aire agrandie.

Davantage d’aires marines ont été déclarées protégées au cours des 18 derniers mois que pendant toute autre période de l’histoire, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, au Chili et aux Palaos. La campagne Héritage mondial des océans<http://www.pewtrusts.org/en/projects/global-ocean-legacy> a contribué à la protection de 6,3 millions de km2 d’océans en favorisant la collaboration avec les communautés, les gouvernements, les scientifiques et d’autres parties prenantes des quatre coins de la planète.

Malgré ces résultats positifs, seuls 3 % des océans bénéficient de mesures de protection fortes. Les recherches scientifiques les plus récentes recommandent la conservation d’au moins 30 % des mers pour le maintien de la biodiversité et de la productivité de la pêche ainsi que pour la préservation des innombrables avantages économiques, culturels et de subsistance que nous apportent les océans.

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The Pew Charitable Trusts s’appuie sur le pouvoir de la connaissance pour tenter de résoudre les problèmes les plus complexes de notre époque. Pour plus d’informations, rendez-vous sur pewtrusts.org<http://pewtrusts.org>.

L’Héritage mondial des océans est un partenariat établi en 2006 pour promouvoir la création de réserves marines dans les océans du monde entier. Il a pour partenaires actuels The Pew Charitable Trusts, Bloomberg Philanthropies<http://www.bloomberg.org/>, Lyda Hill<http://www.lydahillfoundation.org/>, Oak Foundation<http://www.oakfnd.org/>, The Robertson Foundation<http://www.robertsonfoundation.org/index.html> et The Tiffany & Co. Foundation<http://www.tiffanyandcofoundation.org/>. Pour plus d’informations, rendez-vous surglobaloceanlegacy.org<http://www.globaloceanlegacy.org/>.