5° congrès international ECO SUMMIT à Montpellier (29 au 1 sept)

28/08/2016 at 17 h 01 min

C’est à Montpellier ville désormais bien connue des chercheurs internationaux (10.000 professionnels de la recherche y travaillent)  que se tient durant quatre jours le le 5ème congrès EcoSummit 2016 – Durabilité écologique : Ingénierie du changement . Cette série de conférence a été créée sous la forme d’un forum en 1996 à Copenhague, afin de répondre à la demande des scientifiques travaillant dans plusieurs nouvelles disciplines écologiques, et qui nécessitaient une meilleure compréhension des concepts et des méthodes pour une utilisation globale de l’écologie dans la gestion environnementale. 1500 personnes venues de trés nombreux pays vont multiplier les présentations, ateliers, tables rondes ou cafés.

Peu de non initiés sont invités à profiter de ces recherches pour la plupart prospectivistes en termes de résilience et d’adaptation aux changements climatiques. En font partie,  l’UICN (union internationale de conservation de la nature) à la veille de son sommet à Hawai et de la future COP sur la biodiversité à Cancun, et quelques PME montpelliéraines. EcoSummit 2016 sera centré sur l’écologie des écosystèmes terrestres et de tous les habitats qui sont intégrés au sein de ces écosystèmes, y compris les réseaux fluviaux, les zones humides et les littoraux. L’accent sera mis sur les écosystèmes fragiles qui sont plus susceptibles de subir les conséquences du changement climatique et de la pression anthropique. Dans le contexte actuel d’une population mondiale croissante, de changements d’usage des sociétés (augmentation de la consommation mondiale) et de changement climatique, l’agriculture s’intensifie, avec cependant une prise de conscience croissante de la nécessité de préserver et utiliser durablement les ressources mondiales. Comment  la restauration des terres peut elle être effectuée quand la demande massive en aliment fragilise les écosystèmes?

L’ensemble des interventions se dérouleront en anglais, qui reste la langue de publication des scientifiques Une réflexion à laquelle le grand public n’est pas invité.Il pourra cependant « se frotter » à l’événement Mercredi à 16h30 avec la projection du grand film de Francis Hallé et Luc Jacquet « il était une forêt »

En savoir plus, cf article de Dominique Martin Ferrari (Nov 2013)  Luc Jacquet est l’homme que Francis Hallé a choisi pour tourner le film dont il rêve depuis plus de vingt ans . Il avait été déçu , agacé, désabusé, par toutes les propositions que lui avaient été faites par la télévision : pas assez ambitieuses ! « nous sommes entrain de vivre l’extinction des forêts tropicales. Il ne s’agit pas de faire un énième petit documentaire » Alors deux grands hommes, au caractère trempé, qui se sont rencontrés par hasard, ont conjugué leurs talents pour nous emmener dans un extraordinaire voyage au plus profond de la forêt tropicale. « Il était la forêt «  est sorti sur les écrans le 13 Novembre 2013 Il ne s’agissait pas seulement de faire un film , mais bien de donner naissance à un film patrimoine comme sait si bien le faire Luc jacquet, le cinéaste de « la marche de l’empereur » , film résultant lui aussi d’une rencontre avec un grand scientifique, Paul Emile Victor.

Rencontre de deux hommes au caractère trempé, et leçon de cinéma Luc Jacquet depuis des années montre la nature et le monde animalier « avant d ‘aborder toute notion de conservation, il faut d’abord apprendre à ressentir. Je souhaite offrir au grand public une plongée exceptionnelle au sein de ces ultimes espaces de nature sauvage. Présenter la nature sensible pour émouvoir et émerveiller les hommes afin de recréer un lien indispensable qui nous unit à elle ». Francis Hallé, le tropicaliste père des recherches sur l’architecture de la canopée, l’homme du radeau des cimes, rappelle au passage que les forêts tropicales primaires abritent l’essentiel de la biodiversité terrestre, et que « bientôt ce ne sera plus qu’un souvenir. C’est pourquoi je tenais à ce film. Mais pas de n’importe quel film, un film qui fasse découvrir, comprendre , aimer et surtout ressentir.. ». Si le scénario est écrit par Luc Jacquet, Francis Hallé guide le ressenti et souhaite qu’il s’agisse d’« un film sans acteurs, où les seuls êtres humains seront issus des ethnies forestières… Je bataillerais pour et aux côtés de la forêt jusqu’à ma mort. Qui sait, nous nous éteindrons peut être en même temps » » Dans dix ans, selon Francis Hallé, ces forêts auront totalement disparu, victimes de l’exploitation massive du bois, de l’huile de palme, de l’extraction minière… Il sera donc le guide d’un des plus grand metteur en scène de la nature. « Botaniste, et dendrologue, dit on de lui, il possède la science des arbres; la beauté des arbres, il la contemple ; l’ingéniosité des arbres et la faculté qu’ils ont à se sortir de toute situation difficile et à imposer leur présence, il s’en émerveille ; leur manière d’occuper l’espace, il ne cesse de l’étudier ; leur architecture, il ne cesse de l’observer. « Francis Hallé sait que les arbres sont loin d’avoir tout révélé de leur biologie aux observateurs . Il a enseigné longtemps à l’Institut de botanique de l’université de Montpellier et la fréquentation des arbres l’ a poussé à considérer leur environnement ; son propos est aussi celui d’un spécialiste de l’écologie, et notamment de l’écologie tropicale. il a regardé vivre les arbres et les hommes, et s’est posé des questions décisives sur ce qu’il a appelé « la condition tropicale »

« Il était la forêt » : génèse   Comme le titre l’indique , le film se déroule comme un conte de fée. Il ne tient qu’à nous que le conte ne se referme à jamais, ne s’ajoute « il était UNE FOIS la forêt » . Sur des flots d’images de rêve, nous repartons sur les traces des dernières grandes forêts du monde. Celles sur lesquelles Francis Hallé a conduit son radeau des cimes, se focalisant sur trois grandes zones géographiques : le bassin du fleuve Congo au Gabon, la forêt amazonienne du côté péruvien et la Nouvelle-Guinée. j’avais suivi au début des années 80 en tant que responsable de l’association solidarité forêt et en grande période de lutte contre la déforestation tropicale , les travaux de l’association Canopée , conduite par trois hommes extraordinaires qui donneront naissance au concept du Radeau des cimes : Francis Hallé confronté au difficile accès de la canopée, Dany Cleyet-Marrel aéronaute aventurier, et Gilles Ebersolt architecte pour le moins original, qui a déjà imaginé le Radeau des cimes. Ensemble, ils avaient mis au point ce formidable outil de prospection qui permettra enfin un accès facile a la Canopée … Mais c’est en 1989 , que je rencontre vraiment Francis Hallé grâce à la complicité de Patrick Blanc qui a depuis quitté l’équipe. Francispréparait un grand inventaire de la forêt amazonienne avec comme à son habitude une équipe de chercheurs venus du monde entier. Mais le radeau et tout le matériel avait été confisqué par l’armée brésilienne, pour qui survoler la forêt relevait du secret défense. Alors au cabinet de Brice Lalonde, ministre de l’environnement, j’avais réussi à faire débloquer le matériel et à rapatrier toute l’expédition sur la Guyane . Pas très fièrement d’ailleurs, car le seul site que nous avions trouvé pour permettre à la plate forme de s’envoler, était celui des travaux en cours sur le barrage de Petit Saut. Il nous restait à tous, à transformer l’image de ce lieu de déforestation en épopée symbolique pro forêt ! Le film  C’est d’ailleurs en Guyane que naîtra le projet du film « il était la forêt ». En Août 2010 , Jacquet et Hallé partent ensemble dans la réserve naturelle des Nourragues : premiers repérages, premier vivre ensemble. Il en reviennent avec un court métrage : « c’était la forêt des pluies » Le tournage du long métrage commence le 19 juin 2011, en partenariat avec les sociétés Disneynature et Bonne Pioche. Le film prend alors un nouveau titre, Il était une forêt, Dans ce film, pour la première fois une forêt va naître. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants de la canopée, en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui s’écoulent sous nos yeux. Le tournage débute dans le parc de Manú au Pérou puis se poursuit au Gabon, avec une équipe de 35 techniciens et artistes. En novembre, les dernières images, macroscopiques, sont tournées en studio dans l’Ain dans le Parc des oiseaux. La postproduction s’est terminée le 25 avril 2013. Pour la première fois, le cinéma s’inscrit dans une démarche globale de sensibilisation à la conservation des forêts auprès du grand public: parallèlement au film, Wild-Touch prend l’initiative de faire redécouvrir la Nature à travers une approche cross média : artistes en résidence en forêt, éducation à l’environnement, plateforme ONG ainsi qu’un web-feuilleton qui met en scène des personnages récurrents en constante évolution et en lumière les merveilles végétales et animales…

La lutte continue Depuis , Francis Hallé est reparti en Afrique, et revient du Laos. Le gouvernement Laotien lui a demandé de conduire l’inventaire de ses forêts , ce qui n’a encore jamais été fait « nous ne sommes plus vraiment sur de la forêt primaire, mais tout est à découvrir » Cette mission exploratoire « Laos 2011-2015 » réunit chercheurs internationaux, botanistes, entomologistes, herpétologues, ornithologues ainsi qu’une équipe de l’Institut Pasteur spécialisée dans les recherches sur les virus. Le grand radeau laisse la place aujourd’hui à du matériel plus miniaturisé, plus simple à transporter et moins coûteux : Etoiles des Cimes, luge, arboglisseur électrique… pour découvrir qui se cachent (fleurs, fruits, graines, insectes, mammifères…) dans la couche supérieure de la forêt primaire. Dominique Martin Ferrari http://www.wild-touch.org/web-feuilleton/ http://foretstropicaleslefilm.wordpress.com/ http://www.actes-sud.fr/catalogue/economie/la-condition-tropicale http://blog.radeau-des-cimes.org/?page_id=20 http://laforetdespluies.20minutes-blogs.fr/luc-jacquet/